par | 7 Jan 2026

Immobilier à Paris en janvier 2026 : l’achat recule, la location serre la vis

Prix au m², loyers encadrés et coliving sous tension Paris adore les paradoxes. La ville peut te vendre un deux-pièces “lumineux” qui regarde un mur, puis t’expliquer avec un grand sérieux que tout va bien parce que la baguette est croustillante et que la Seine brille. Début janvier 2026, le marché immobilier joue exactement cette partition : les prix à l’achat respirent (un peu), pendant que la location continue de faire du cardio sur ta santé mentale. La scène, tu la connais : visites en rafale, dossiers plus épais qu’un roman russe, et cette impression d’être en compétition pour… 21 m² et une douche qui se demande si elle est dans la cuisine ou dans ta dignité. Sauf qu’en 2026, le décor bouge : pas assez pour crier “retour à la normale”, suffisamment pour comprendre que quelque chose s’est fissuré dans la vitre du marché parisien. Le mètre carré qui lâche du lest Commençons par l’achat. Les grandes plateformes d’estimation placent le prix moyen parisien autour de la zone des 10 000 € le m², avec des valeurs qui varient selon les méthodes, les périodes et les quartiers. L’idée à retenir est simple : on n’est plus dans l’euphorie pure, […]
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Prix au m², loyers encadrés et coliving sous tension

Paris adore les paradoxes. La ville peut te vendre un deux-pièces “lumineux” qui regarde un mur, puis t’expliquer avec un grand sérieux que tout va bien parce que la baguette est croustillante et que la Seine brille. Début janvier 2026, le marché immobilier joue exactement cette partition : les prix à l’achat respirent (un peu), pendant que la location continue de faire du cardio sur ta santé mentale.

La scène, tu la connais : visites en rafale, dossiers plus épais qu’un roman russe, et cette impression d’être en compétition pour… 21 m² et une douche qui se demande si elle est dans la cuisine ou dans ta dignité. Sauf qu’en 2026, le décor bouge : pas assez pour crier “retour à la normale”, suffisamment pour comprendre que quelque chose s’est fissuré dans la vitre du marché parisien.

Le mètre carré qui lâche du lest

Commençons par l’achat. Les grandes plateformes d’estimation placent le prix moyen parisien autour de la zone des 10 000 € le m², avec des valeurs qui varient selon les méthodes, les périodes et les quartiers. L’idée à retenir est simple : on n’est plus dans l’euphorie pure, mais dans un marché qui se réajuste, parfois à contrecœur. ethis-habitat.org

Ce “reflux” n’a rien d’une révolution romantique où tout le monde décroche enfin un appart haussmannien au prix d’un scooter. C’est plutôt un réalignement : les vendeurs reçoivent moins de déclarations d’amour immédiates, les acheteurs négocient davantage, et les délais de vente arrêtent de ressembler à un drop surprise de sneakers.

Pourquoi l’achat ralentit sans devenir “abordable”

On pourrait résumer la mécanique en trois mots : financement, arbitrages, fatigue. Quand l’accès au crédit se complique, le budget réel se contracte. Résultat : même si le prix facial du m² baisse ou stagne, la sensation côté acheteur n’est pas forcément “bonne affaire”. Le marché se refroidit, oui, mais il ne devient pas soudainement tendre.

Et puis il y a Paris, cette ville où la rareté est structurelle : peu de grands appartements “familiaux” accessibles, une demande constante, et un patrimoine immobilier qui ne se reproduit pas par mitose. La baisse, quand elle existe, ressemble plus à une respiration contrôlée qu’à une chute libre.

La location, ce sport de combat permanent

Maintenant, la location. Là, l’ambiance est différente : ça ne “respire” pas, ça serre. Selon les estimations publiées par des médias immobiliers, les loyers parisiens continuent d’évoluer à des niveaux très élevés, souvent autour de la trentaine d’euros au m² selon la typologie, l’état, la localisation, et le type de location. Le Monde.fr

Et si tu veux un repère institutionnel, l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne publie des indicateurs qui rappellent que, dans le parc privé, les loyers observés restent durablement hauts à Paris, même si les chiffres exacts varient selon qu’on parle de meublé, de non-meublé, de surface, ou de période de signature.

Dans la vraie vie, ça veut dire : studios qui s’arrachent, colocations qui ressemblent à des castings, et cette impression étrange que la ville te facture l’air que tu respires (et encore, hors charges).

L’encadrement des loyers, le cadre qui ne cadre pas tout

Paris n’a pas laissé la location en roue libre. L’encadrement des loyers existe dans la capitale depuis le 1er juillet 2019, avec une règle cardinale : au moment de signer, le loyer hors charges ne doit pas dépasser un plafond appelé loyer de référence majoré, calculé selon le secteur, le type de location (vide/meublé), le nombre de pièces, et l’époque de construction. Paris

Le dispositif a une logique : empêcher les envolées absurdes à la relocation, créer un garde-fou, remettre un peu de droit dans une jungle où “rare” sert parfois d’argument marketing pour tout et n’importe quoi, y compris une fenêtre qui ferme à peu près.

Le détail qui change tout : ce qui doit apparaître sur le bail

Un point très concret : sur un nouveau bail, certaines informations liées aux loyers de référence doivent être mentionnées. Et quand ce n’est pas fait, il existe des délais et des démarches pour demander une régularisation. Paris

Autre bascule majeure : depuis le 1er janvier 2023, le recueil des signalements de dépassement (quand le loyer dépasse le plafond) est assuré par la Ville de Paris. Et depuis le 15 janvier 2025, il faut un compte Mon Paris pour déposer un signalement. Paris+1

Traduction : ce n’est plus seulement un sujet de discussion dans une cuisine de colocation. Il y a un circuit, un outil, un guichet numérique, et une volonté de traiter — même si tout le monde ne l’utilise pas, parce que contester son loyer quand on a déjà galéré à obtenir les clés, c’est un sport à risque.

Quand ça dépasse : remboursement, mise en demeure, amendes

Si un dépassement est confirmé, la Ville peut demander la régularisation et le remboursement des loyers trop-perçus. Et il existe aussi un volet sanctions : l’amende peut aller jusqu’à 5 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale, par logement concerné. Paris

Ce n’est pas une menace décorative : c’est un signal envoyé au marché, une façon de dire que le “libre” n’est pas une excuse pour facturer la capitale comme un resort.

Le “complément de loyer”, ce mot qui déclenche des débats

Là où ça devient nerveux, c’est le complément de loyer. Oui, dans certains cas, un propriétaire peut ajouter un supplément si le logement a des caractéristiques jugées rares ou luxueuses — mais ce supplément n’est pas un joker illimité. Il doit être justifié, inscrit au bail, et il peut être contesté dans des délais précis. Paris

Et surtout, il existe des situations où le complément est interdit. Par exemple, certains défauts ou signaux (dont des éléments liés à l’état du logement) peuvent empêcher légalement de réclamer ce supplément. Paris

Autrement dit : “vue sur la Tour Eiffel” peut peser, “moisissure artistique” beaucoup moins.

Le coliving, la colocation premium qui attire (et irrite)

Pendant que l’encadrement tente de tenir la ligne, un autre mot s’est glissé dans le paysage : coliving. Une promesse de “communauté”, de “services”, de “flexibilité”, souvent empaquetée comme une expérience lifestyle. Sur le papier, c’est propre, lisse, instagrammable. Dans la pratique, ça peut surtout devenir une manière élégante de rendre acceptable un prix au m² qui ferait rougir un notaire.

Fin 2025, le sujet est monté d’un cran : le coliving et certaines résidences avec services ont été davantage scrutés dans le débat sur l’encadrement, parce que le modèle peut pousser très haut les loyers sous prétexte d’équipements “tout compris”. Et oui, on a vu circuler des exemples de loyers spectaculaires pour des surfaces qui, à Paris, se décrivent souvent avec une fierté disproportionnée. Paris

Une expérimentation qui arrive au moment du verdict

Le nerf de la guerre, c’est que l’encadrement est un dispositif expérimental à l’échelle nationale, et son avenir se discute. Des travaux parlementaires ont plaidé pour sa pérennisation, en rappelant que le cadre expérimental est censé s’achever en novembre 2026. Le Monde.fr+1

C’est là que 2026 devient une année-charnière : l’encadrement n’est plus seulement une règle technique pour bailleurs et locataires, c’est un objet politique, un marqueur de tension entre “marché” et “protection”, entre attractivité et habitabilité.

Paris 2026 : la ville teste ses propres limites

Au final, le tableau est net, même sans noyer le lecteur sous une pluie de chiffres. À l’achat, Paris donne des signes de détente, mais reste une forteresse. À la location, la pression demeure, et l’encadrement agit comme une digue : utile, contestée, parfois contournée, mais structurante.

Ce qui se joue maintenant, c’est la capacité de la ville — et de l’État — à empêcher que le logement devienne un produit purement spéculatif où l’“expérience urbaine” sert d’emballage premium à une réalité simple : habiter. Paris peut survivre à beaucoup de choses. Une capitale qui ne loge plus ses habitants, en revanche, finit toujours par se vider de sa substance, même si ses façades restent magnifiques.

Tom, rédacteur passionné chez ANousParis 🖋️. Je couvre toute l'actu parisienne - culture, événements, et tendances de la Ville Lumière! 🗼