48 heures de chaos mouillé
En deux jours, Paris et ses environs ont vu tomber plus de flotte qu’une soirée Netflix sous la couette en automne. L’idée d’une « douche parisienne » a pris tout son sens. Sous les eaux, des quartiers entiers ont été transformés en piscines naturelles et les Parisiens ont dû troquer leur vélib’ contre des bouées. Pour ajouter à l’ironie, c’est en pleine crise de sécheresse nationale qu’on s’est pris ce torrent dans la gueule. Météo France avait prévenu, mais soyons honnêtes : on pensait tous qu’ils exagéraient encore, ces oiseaux de mauvais augure.
Mais, évidemment, la météo ne ment pas, elle ne fait que nous rappeler à quel point on est petits, vulnérables et surtout mal préparés. Au final, Paris a eu droit à son petit déluge local. Les assurances et les réassureurs, ces gourous des chiffres, sont désormais en mode calculatrice : 350 à 420 millions d’euros de dommages. C’est comme si on faisait brûler des billets pour se réchauffer pendant une inondation.
Le business de la pluie
Des chiffres à vous faire couler un Titanic dans le cerveau. Mais au-delà de la carte postale trempée, ce sont des vies chamboulées : des commerçants ruinés, des particuliers qui regardent leur appartement flotter sur la Seine, des infrastructures dévastées… Bref, l’apocalypse en miniature. Et les assureurs ? Ah, eux, ils sortent leur carnet de chèques, à contrecœur, évidemment. Et pas que pour les Parisiens. La flotte ne fait pas de favoritisme, elle est aussi venue faire un petit coucou aux villes voisines comme Issy-les-Moulineaux ou encore Nanterre. Tout le monde prend cher.
Alors que certains se sont contentés de râler sur Twitter, d’autres ont fait preuve de résilience, ou plutôt de fatalisme. Ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’on se fait rincer. Entre les étés caniculaires et les hivers humides, c’est à se demander si Paris ne serait pas en train de muter en un Paris sous-marin. C’est marrant, quand tu penses que même en 1910, la capitale savait déjà comment faire une inondation d’anthologie. Sauf qu’à l’époque, on n’avait pas encore les gratte-ciels en béton, juste des petites maisons pittoresques à moitié immergées. Aujourd’hui, les dégâts sont simplement à la hauteur de la modernité.
Qui va payer ? spoiler : tout le monde
Mais alors, qui va casquer pour cette orgie d’eau non consentie ? Les assurances, bien sûr. Ces mecs-là doivent avoir des cernes qui traînent par terre après ce genre d’événement. Il faut dire qu’entre les inondations, les tempêtes, et la pandémie qui n’en finit plus de s’étirer comme une mauvaise série, ils sont pas en vacances. Mais attention, ce n’est pas parce que ton assurance va te couvrir que c’est la fête du slip. Les primes, elles, vont sûrement grimper comme une montée des eaux. Vous connaissez la chanson : moins y’a de soleil, plus ça te coûte cher.
Les politiciens, eux, jouent leur partition habituelle : on parle de plan climat et de « nouvelle normalité », mais en vrai, tout le monde sait qu’on fait juste du damage control, comme d’habitude. Un coup de balai ici, un coup de serpillière là, et on repart comme si de rien n’était. En attendant, on continue à bétonner nos villes comme des psychopathes.
l’ironie ultime
Le plus hilarant, c’est qu’en ce moment-même, on est en train de pleurer pour la sécheresse en France. Oui, c’est l’absurdité de notre époque : on manque d’eau pendant des mois, et d’un coup, on en reçoit tellement qu’on finit par la haïr. Paris n’est pas la seule à morfler, bien sûr, mais elle a ce talent de tout rendre plus dramatique. Sauf que, pour une fois, ce n’est pas un drame sorti d’un livre de Zola. C’est juste notre réalité, une tempête parfaite entre la mauvaise gestion urbaine et un climat qui nous fait la nique. Si tu veux mon avis, Paris va encore faire la Une pour ses futures inondations et, devine quoi ? On sera toujours aussi peu préparés.
Alors voilà, 400 millions d’euros de flotte plus tard, on fait quoi ? On se met au paddle pour aller au boulot ou on fait semblant que tout ça va passer comme une mauvaise gueule de bois ? Paris, toujours debout, toujours trempé.