Des règles strictes pour un quotidien agité
Depuis le mardi 11 février 2025, le Sénat a validé une proposition de loi qui radicalise le traitement des incivilités dans nos rames. Sous l’impulsion du ministre des Transports, Philippe Tabarot, l’objectif est clair : transformer des infractions mineures en délits passibles de sanctions financières et, pour les récidivistes, même d’emprisonnement. Ce n’est plus seulement l’oreille qui grince lorsqu’un voyageur s’impose un concert de conversation téléphonique ou transforme le wagon en déambulateur de mauvaise humeur, mais aussi le porte-monnaie qui se vide. Les petites amendes de 150€ pourraient bientôt se muer en pénalités de 7500€ et 6 mois de prison pour ceux qui s’obstinent à faire fi des règles élémentaires.
Les gestes fâcheux qui attirent l’œil des contrôleurs
Le métro, c’est un espace de transition où le bon sens devrait primer. Pourtant, les comportements inciviques pullulent. Parmi eux, on compte notamment le trouble de la tranquillité : écouter de la musique sans casque, crier sans retenue ou même utiliser le wagon comme cabine de téléconférence à ciel ouvert. L’affaire se corse avec la souillure – oui, mettre ses pieds sur les banquettes, c’est non seulement malpropre, mais carrément irrespectueux. Même la violation de l’interdiction de fumer ou de vapoter peut désormais vous retomber dessus en pleine face, surtout si vous décidez d’en faire un sport de compétition entre stations.
Un autre comportement surprenant est celui des prises de vue ou enregistrements sans autorisation. On comprend que certains aiment immortaliser ces instants improbables, mais le droit à l’image est sacré. Et il y a ceux qui osent actionner le signal d’alarme pour le simple plaisir de semer la panique ou, pire encore, pour faire une farce de mauvais goût. L’oubli d’un objet personnel n’est pas en reste : un sac égaré peut être pris pour un acte délibéré, transformant un moment d’inattention en véritable casse-tête légal.
Des sanctions qui n’épargnent personne
Le renforcement de ces règles ne vise pas seulement à sanctionner les comportements déviants, mais à instaurer un climat de discipline dans un environnement parfois chaotique. Les agents de la sûreté ferroviaire se voient ainsi autorisés à intervenir bien au-delà des limites traditionnelles des gares, et l’équipement de caméras-piétons pourrait bien faire de chaque trajet un véritable contrôle de la vie quotidienne. Le directeur adjoint transport ferroviaire, Yves Dufour, précise d’ailleurs que ces mesures pourraient même aller jusqu’à interdire purement et simplement l’accès aux gares pour les plus endurcis.
Une réalité qui interroge et fait sourire
Certes, ces mesures s’inscrivent dans une volonté affichée de restaurer l’ordre et la tranquillité dans nos transports en commun. Mais elles révèlent aussi une forme de dérision face à l’incapacité de certains à adopter des gestes élémentaires en public. Paris, ville de contrastes, se voit désormais confrontée à ses propres contradictions : une capitale de la liberté qui, paradoxalement, impose une rigueur quasi-militaire dans ses métros. Pour ma part, je trouve cette escalade des sanctions à la fois absurde et fascinante. Quand un oubli de sac se transforme en délit et que le moindre geste devient potentiellement coûteux, on ne peut s’empêcher de sourire face à l’ironie de la situation.