Un budget sous tension ou une fuite en avant
Budget 2025, la pièce maîtresse du dernier acte de cette comédie de l’absurde qui est la politique française. Un budget sous tension, sous pression, et surtout sous perfusion. On nous parle de rigueur budgétaire, de réduction des dépenses, et blablabla. En fait, ce qu’on voit surtout, c’est un gouvernement qui navigue à vue, tout en tentant de sauver les meubles. L’inflation qui nous mange chaque jour un peu plus de notre pouvoir d’achat, le chômage qui stagne, et les services publics qui continuent de se déliter. Pourtant, rien n’y fait, le 49.3 tombe comme la foudre.
Parce que oui, c’est bien de ça qu’il s’agit. Le 49.3, c’est le gros bouton rouge de l’exécutif. Celui qu’on appuie quand plus rien ne va, quand tout le monde est à cran et qu’on veut éviter le débat. “Allez, hop, on passe en force !” Une méthode qui est devenue le mode de gouvernance par défaut, une manière de contourner l’opposition et de pousser un texte sans passer par les fourches caudines du Parlement. On dirait presque qu’ils ont pris goût à cet outil d’un autre temps.
Le vrai problème : un Parlement marginalisé
Et le Parlement dans tout ça ? Marginalisé. C’est comme inviter tout le monde à une fête, puis refuser de leur donner le micro. Les députés sont là pour la déco, mais dès qu’il s’agit de débattre vraiment, hop, 49.3 et rideau. Mais qui peut encore croire que c’est ainsi qu’on fait avancer un pays ? En court-circuitant la démocratie parlementaire à chaque obstacle ?
Il serait peut-être temps de regarder la vérité en face : ce gouvernement est sur la défensive. On gère la France avec des rustines, on éteint les incendies au fur et à mesure qu’ils se déclarent, sans jamais prévenir. Tout devient une crise à gérer dans l’urgence. Et on le voit bien avec ce budget : ce n’est plus de la gestion, c’est de la survie.
La démocratie : une farce politique
Et la démocratie là-dedans ? Elle fait figure de victime collatérale. Mais qui va pleurer pour elle ? Certainement pas ce gouvernement qui l’a déjà sacrifiée sur l’autel de la “responsabilité budgétaire”. Le drame, c’est que les électeurs – nous, vous, moi – ne nous y retrouvons plus. On est coincés dans ce cycle infernal où les mêmes recettes technocratiques sont appliquées pour des problèmes toujours plus complexes.
Parce que soyons honnêtes : personne ne se passionne pour les débats sur le budget. On sait très bien que derrière ces milliards qu’on tente de jongler, il y a surtout des coupes claires qui nous retomberont dessus un jour ou l’autre. Réduire les dépenses publiques ? Ça signifie des écoles qui ferment, des hôpitaux qui manquent de personnel et un service public qui s’effondre un peu plus. Mais ça, bizarrement, on n’en parle jamais quand on balance le 49.3.
Macron, l’illusionniste de la Ve République
Macron, c’est un peu le David Copperfield de la Ve République. Il veut nous faire croire que tout va bien, que son petit tour de passe-passe suffira à régler les problèmes. Mais le souci avec les tours de magie, c’est qu’il arrive un moment où on découvre le truc. On voit les fils, les doublures, et la magie disparaît.
On a beau se faire balader avec des promesses d’amélioration, de “réformes nécessaires”, le 49.3 reste un symbole : celui d’une impuissance politique crasse. Le fait est que ce budget 2025 n’est pas là pour nous sauver, mais pour masquer les fissures dans un édifice déjà bien ébranlé. Un coup de peinture sur une vieille façade délabrée, et on espère que personne ne verra rien. Spoiler : on a tout vu.
Un avenir sans débat ?
Alors, à quoi s’attendre ? Plus de 49.3, évidemment. Pourquoi débattre quand on peut gouverner par la contrainte ? Pourquoi écouter l’opposition, les syndicats, ou même le peuple quand on a un marteau et que tout ressemble à un clou ? On assiste là à un véritable appauvrissement du débat politique, un nivellement par le bas.
Personnellement, je commence à en avoir marre de ce cirque. Mais la question reste : jusqu’à quand ? Combien de temps avant que ce système casse ? Le 49.3 est peut-être un outil pratique, mais il ne pourra pas éternellement masquer l’essentiel. Un jour ou l’autre, tout le monde se rendra compte que ce n’est pas un budget équilibré qu’il nous faut, mais une vraie refonte de la manière dont on gouverne ce pays.