Une maire entre rêves verts et cauchemars de goudron
Anne Hidalgo a incarné la révolution écologique à marche forcée. Sous son mandat, Paris s’est métamorphosée, troquant ses voies rapides contre des pistes cyclables omniprésentes, ses trottoirs contre des forêts urbaines en pot, et ses parkings contre des zones piétonnes.
Pourtant, derrière cette ambition verte, la ville lumière s’est embourbée dans des zones grises. Les automobilistes, ces parias urbains, ont vu leurs nerfs mis à rude épreuve entre les bouchons interminables et les travaux omniprésents. Résultat ? Paris est devenue la capitale mondiale du klaxon frustré et du GPS paniqué.
Mais Hidalgo n’a jamais cédé face aux critiques. Dans une époque où l’écologie est à la fois une nécessité et une cible facile, elle a osé déranger. Et franchement, on ne peut pas lui enlever ça : elle a eu le cran de foutre un grand coup de pied dans la fourmilière.
L’héritage bétonné d’une ville « piéton-friendly »
Quand on pense à Hidalgo, on pense béton. Ses opposants ne manquent jamais de la comparer à une architecte ratée, façon Le Corbusier sous stéroïdes. Sous prétexte de verdir Paris, on a parfois eu l’impression qu’elle plantait plus de poteaux que d’arbres. La piétonnisation, censée rendre la capitale plus respirable, a souvent ressemblé à une opération de chaos organisé.
Le fiasco des Jeux olympiques en préparation n’arrange pas les choses : Paris ressemble davantage à un chantier géant qu’à une vitrine mondiale. Mais en vérité, le problème n’est-il pas plus profond ? Avec Hidalgo, Paris a révélé ses propres contradictions : tout le monde veut une ville verte, mais personne ne veut sacrifier son confort pour l’avoir.
Anne Hidalgo, la tragédie d’une ambition présidentielle avortée
Personne n’a oublié l’épisode calamiteux de la présidentielle 2022, où Hidalgo s’est jetée dans la course comme un poisson rouge dans l’océan. Avec un score aussi ridicule qu’un film d’auteur raté à Cannes, elle a non seulement perdu la face, mais aussi toute crédibilité nationale. Cet échec cinglant a marqué un tournant, transformant la maire combattante en figure de comédie politique.
Et pourtant, Hidalgo est restée debout, stoïque, comme une statue de la République qu’on aurait laissé dans un coin poussiéreux. Cette résilience forcerait presque le respect, si elle ne donnait pas l’impression d’un acharnement obstiné.
L’après-Hidalgo : le flambeau ou les cendres ?
Alors qu’Anne Hidalgo tire sa révérence, Paris s’interroge : qui pour prendre les rênes de cette ville en perpétuelle effervescence ? Le défi est colossal. Entre le logement hors de prix, la pollution et le désenchantement des habitants, le successeur devra jouer serré.
Hidalgo laisse un Paris en chantier, mais aussi une capitale qui, malgré ses défauts, reste une référence mondiale. Alors que les vautours politiques commencent à tourner autour de l’Hôtel de Ville, l’heure est à la réflexion : Paris doit-elle continuer sur la voie de l’audace ou revenir à un modèle plus « classique » ?