par | 18 Fév 2026

PSG : une remontada qui rassure… ou qui inquiète ?

Mené 2-0, le PSG a renversé Monaco (3-2) en barrage de Ligue des champions grâce à un doublé de Désiré Doué. Une remontada spectaculaire qui souligne le caractère parisien, mais révèle aussi des fragilités défensives persistantes avant le match retour.
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Il y a des victoires qui galvanisent. D’autres qui interrogent. Celle du PSG à Monaco (3-2), en barrage aller de Ligue des champions, appartient clairement à la seconde catégorie.

Oui, Paris a renversé l’AS Monaco au Louis-II. Oui, le caractère affiché après avoir été mené 2-0 en moins de vingt minutes force le respect. Oui, Désiré Doué a incarné ce sursaut d’orgueil avec un doublé aussi symbolique que décisif. Mais derrière le scénario spectaculaire et l’euphorie d’un succès à l’extérieur, une réalité persiste : le PSG s’est lui-même placé au bord du gouffre.

Une entame indigne d’un favori européen

À ce niveau de compétition, l’entrée en matière est capitale. Or, Paris a offert à Monaco deux buts sur ses deux premières véritables incursions. Fébrilité dans la relance, marquage approximatif, profondeur mal gérée, coordination inexistante : en l’espace d’un quart d’heure, la défense parisienne a exposé des failles qu’on pensait appartenir au passé.

Marquinhos, capitaine expérimenté, a semblé dépassé dans la gestion des appels en profondeur. Nuno Mendes, habituellement si tranchant, a accumulé les erreurs techniques et les mauvais choix. Le contraste était frappant : domination territoriale du PSG, mais vulnérabilité extrême à chaque transition adverse. Comme si le bloc parisien défendait en infériorité numérique permanente.

Face à une équipe monégasque vive et opportuniste, ce genre de largesses se paie immédiatement. Et à 2-0, le PSG n’avait déjà plus le droit à l’erreur.

Le mérite du sursaut

Il serait injuste de ne retenir que le chaos initial. Car le PSG a ensuite montré ce qui distingue les grandes équipes : la capacité à ne pas sombrer.

Progressivement, le bloc s’est resserré. Le pressing est devenu plus cohérent. Les lignes se sont rapprochées. Monaco, réduit à dix après l’expulsion de Golovin, a reculé. Et Paris a fait parler son talent offensif.

Dans ce contexte, Désiré Doué a été le symbole parfait de la réaction parisienne. Revanchard, décisif, incisif, il a apporté cette étincelle qui manquait en début de match. Son doublé n’est pas seulement statistique : il marque une affirmation de caractère dans un rendez-vous européen tendu.

Luis Enrique, fidèle à sa ligne de conduite, a préféré saluer la résilience et le soutien du public plutôt que de s’attarder sur les défaillances. Un choix logique pour protéger son groupe. Mais l’analyse ne peut s’arrêter là.

Un problème structurel plus qu’un accident ?

Encaisser deux buts sur les deux premières situations adverses n’est pas qu’un simple accident. C’est le symptôme d’un déséquilibre.

Depuis plusieurs semaines, le PSG alterne maîtrise collective et trous d’air inquiétants. À Rennes déjà, la solidité affichée en Ligue des champions semblait moins évidente. À Monaco, cette fragilité est réapparue brutalement.

À ce stade de la compétition, les adversaires ne pardonnent pas toujours. Si Paris peut renverser Monaco, pourra-t-il en faire autant face à un Bayern, un Real ou un Manchester City ? Rien n’est moins sûr.

La Ligue des champions ne récompense pas seulement le talent offensif ou la force mentale. Elle exige une constance défensive absolue, notamment dans les entames de match. Or, Paris continue de naviguer entre contrôle et désorganisation.

Marquinhos et Nuno Mendes sous pression

La presse n’a d’ailleurs pas épargné certains cadres. Marquinhos, point d’ancrage supposé de la défense, a été pointé du doigt pour son placement sur les deux buts encaissés. Nuno Mendes, lui, a vécu une soirée particulièrement compliquée, aussi bien défensivement qu’offensivement.

Ces contre-performances individuelles interrogent. Non pas sur leur valeur intrinsèque, mais sur la capacité du collectif à protéger ses défenseurs dans les moments clés. Un grand bloc défensif ne repose pas uniquement sur une ligne arrière : il dépend du pressing des attaquants, du repli des milieux, de la coordination globale.

À Monaco, cette chaîne s’est brisée durant vingt minutes.

Une victoire à double lecture

Au final, le PSG repart avec un avantage précieux avant le retour au Parc des Princes. Mentalement, ce succès peut servir de déclic. Il prouve que l’équipe sait réagir, qu’elle possède des ressources et une profondeur de banc capable de changer le cours d’un match.

Mais il agit aussi comme un avertissement.

Paris ne peut pas continuer à jouer avec le feu en espérant systématiquement éteindre l’incendie par son talent offensif. À force, l’addition finit par tomber.

Le barrage retour sera révélateur. Non pas tant sur la capacité du PSG à se qualifier — ce qui reste largement à sa portée — que sur sa faculté à entrer dans un match avec maîtrise, autorité et rigueur.

La victoire à Monaco est spectaculaire. Elle est encourageante. Mais elle rappelle surtout une vérité implacable : en Ligue des champions, le caractère permet de survivre. La solidité permet de régner.

Tom, rédacteur passionné chez ANousParis 🖋️. Je couvre toute l'actu parisienne - culture, événements, et tendances de la Ville Lumière! 🗼