La crainte d’un déménagement pendant les JO
L’une des récentes crises qui a affecté les bouquinistes a été liée à l’organisation des Jeux Olympiques. Pendant un temps, il était question de déplacer ces commerçants emblématiques pour la cérémonie d’ouverture. Une décision qui avait soulevé une levée de boucliers. Finalement, grâce à une mobilisation des Parisiens et à un recul du gouvernement, les bouquinistes ont été épargnés. Mais ce moment de tension a laissé des traces. Il a rappelé à tous combien ces vendeurs de livres sont essentiels au paysage parisien. Malgré ce sursaut de reconnaissance, la profession continue de décliner.
Jérôme Callais, président de l’association des bouquinistes de Paris, a exprimé son incompréhension face au faible nombre de candidatures. Selon lui, le calendrier très serré imposé par la mairie n’a pas aidé. Entre l’annonce officielle de l’appel à candidature et la date limite pour déposer son dossier, les délais ont été jugés trop courts pour permettre une réflexion approfondie et un projet solide. Les postulants ont besoin de temps pour structurer leur dossier et se projeter dans un métier qui demande passion et engagement.
Un métier qui ne fait plus rêver ?
Alors, pourquoi les bouquinistes ne suscitent-ils plus autant d’intérêt ? Est-ce une question de génération ? Peut-être. Le métier n’a plus l’attrait qu’il avait autrefois. Les jeunes générations, bercées par la technologie, semblent moins enclines à s’imaginer derrière une boîte en métal, à braver la pluie et le vent pour vendre des livres en plein air. Les conditions de travail, parfois rudes, ne correspondent plus aux aspirations actuelles, marquées par le confort et la flexibilité.
Pourtant, le métier de bouquiniste est bien plus qu’un simple emploi. Il représente un lien avec l’histoire de Paris, un ancrage dans le patrimoine littéraire mondial. Chaque boîte est une capsule temporelle, abritant des œuvres qui ont traversé les siècles. Mais voilà, cette noblesse ne suffit plus à séduire les nouvelles recrues. En 2023, on cherche souvent la sécurité financière, un retour sur investissement rapide, des horaires plus souples. Et c’est là que le bât blesse.
Une opportunité pour les passionnés
Pour ceux qui ressentent encore l’appel du papier jauni et des reliures d’autrefois, il est toujours possible de postuler. La date limite est fixée au 14 octobre. Il suffit d’envoyer son dossier par voie postale ou par mail à la mairie. Les critères de sélection sont simples : une véritable motivation, un projet viable et la volonté de perpétuer cette tradition unique. Si votre candidature est retenue, vous obtiendrez un emplacement pour cinq ans.
Cela peut paraître intimidant, mais c’est aussi une chance rare de s’inscrire dans l’histoire de Paris. Chaque bouquiniste contribue à façonner l’identité culturelle de la ville. Alors, si vous êtes un amoureux des livres, un passionné de littérature ou simplement à la recherche d’une aventure humaine et historique, c’est peut-être le moment de tenter l’expérience. L’avenir des quais de Seine est entre vos mains.