par | 18 Oct 2024

Macron et Israël : le faux pas diplomatique qui fait grincer des dents

Emmanuel Macron a de nouveau fait l'objet de vives critiques, cette fois à cause d’une déclaration controversée lors de son déplacement en Israël. En évoquant la création de l’État d’Israël comme une "réponse à l'Holocauste", le président français a soulevé une vague de réactions mitigées, aussi bien en France qu’à l’international. Si cette phrase se voulait sans doute une marque de soutien à Israël, elle a cependant négligé les complexités historiques et politiques qui entourent la fondation de cet État.
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une simplification historique qui fait mal

L’argument avancé par Macron, qui lie directement la création d’Israël à la Shoah, est une simplification historique trompeuse. Certes, l’Holocauste a joué un rôle important dans la reconnaissance internationale de l’État hébreu en 1948, mais réduire cet événement complexe à une simple « réponse » à l’atrocité nazie, c’est passer sous silence plus de cinquante ans de mouvements sionistes, de luttes diplomatiques, et de tensions entre les populations juives et arabes dans la région.

Macron est pourtant bien entouré par des conseillers et des experts qui auraient pu le prévenir de la portée d’une telle déclaration. Mais, visiblement, ces avertissements sont restés lettre morte. Le président s’est retrouvé dans une impasse, pris à contre-pied par une presse qui n’a pas manqué de souligner cette bévue. Ce n’est pas la première fois qu’un dirigeant se risque à aborder la question israélo-palestinienne et trébuche. Mais venant d’un chef d’État connu pour son obsession du contrôle de l’image, cette erreur sonne particulièrement faux.

le rôle essentiel de la presse

Au-delà du faux pas historique, c’est la réaction de Macron à la critique qui a jeté de l’huile sur le feu. Visiblement agacé par les réactions des journalistes, il a profité de cette situation pour s’en prendre à nouveau à la presse, la qualifiant, à demi-mot, de force nuisible à son action politique. Un refrain qui commence à être familier pour ceux qui suivent l’actualité de l’Élysée. La stratégie est simple : blâmer la presse quand les choses ne se passent pas comme prévu. Pourtant, le travail des journalistes est justement de poser des questions, d’éclairer les angles morts et de soulever des interrogations. C’est leur rôle démocratique, même lorsque cela déplaît aux puissants.

L’attaque contre la presse n’est pas nouvelle. Depuis son arrivée au pouvoir, Macron semble avoir un rapport ambigu avec les médias : oscillant entre séduction et rejet, il n’hésite pas à les courtiser quand cela l’arrange, puis à les attaquer quand ils lui échappent. Mais cette posture de victimisation, où la critique médiatique devient systématiquement un complot contre l’Élysée, a ses limites. La presse, dans une démocratie saine, n’est pas un simple outil de communication, mais un contre-pouvoir. Et Macron, en choisissant de l’affronter sur ce terrain, risque de renforcer cette fracture qui s’élargit entre son gouvernement et le corps médiatique.

une diplomatie fragilisée

Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est que cette déclaration maladroite pourrait avoir des répercussions au-delà du simple champ médiatique. En diplomatie, chaque mot compte. Et quand un président de la République française fait une telle déclaration sur une scène internationale, elle est scrutée, disséquée, et analysée par tous les acteurs concernés. Les relations franco-israéliennes, bien qu’étroites, reposent sur un équilibre délicat. Faire des raccourcis historiques pourrait bien ternir cette alliance et susciter des incompréhensions du côté israélien, mais aussi au sein du monde arabe, qui voit déjà d’un œil méfiant la politique française au Proche-Orient.

D’ailleurs, en interne, cette affaire pourrait également réveiller des débats au sein même de la majorité présidentielle. Macron, qui a toujours revendiqué une politique étrangère « indépendante » et équilibrée, semble ici avoir pris une posture trop tranchée. Le président, en tentant de faire plaisir à ses interlocuteurs israéliens, a finalement provoqué un malaise généralisé.

une leçon à retenir

Cette affaire révèle une fois de plus à quel point la communication présidentielle est un exercice périlleux. Chaque mot, chaque geste est scruté, amplifié, et analysé, surtout lorsqu’il s’agit de sujets aussi sensibles que la création de l’État d’Israël. Ce faux pas de Macron nous rappelle que, même au sommet de l’État, une déclaration maladroite peut avoir des répercussions profondes, tant sur le plan diplomatique que médiatique. Une leçon que le président devra garder en tête pour ses prochaines prises de parole sur la scène internationale.

Tom, rédacteur passionné chez ANousParis 🖋️. Je couvre toute l'actu parisienne - culture, événements, et tendances de la Ville Lumière! 🗼