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Togglele grand jeu des puissants : les pions bougent, le plateau reste
Netanyahou doit probablement trinquer au champagne en ce moment, mĆŖme s’il ne l’avouera jamais. Pour lui, la mort de Sinwar est une opportunitĆ© en or pour affirmer sa poigne, raffermir son contrĆ“le sur un pays qui oscille entre sĆ©curitĆ© paranoĆÆaque et un rĆ©gime de plus en plus autoritaire. Et voilĆ le moment parfait pour ce cher Bibi de nous rappeler que la politique israĆ©lienne, cāest avant tout une affaire de survie… ou de domination, selon comment on voit les choses.
DerriĆØre tout Ƨa, se cache une triste rĆ©alitĆ© : peu importe qui tombe, les mĆ©caniques du pouvoir ne changent pas. Les extrĆ©mistes trouvent toujours quelqu’un d’autre pour prendre la relĆØve, comme dans un mauvais film oĆ¹ le mĆ©chant ressuscite toujours pour une suite encore plus explosive. Lāhistoire du Proche-Orient est un remake sans fin, toujours plus sanglant et Ć©puisant pour ses acteurs malgrĆ© eux : les civils.
sinwar, le joker devenu martyr ?
Yahya Sinwar nāĆ©tait pas quāun terroriste, il Ć©tait aussi un symbole. Non seulement celui dāun Hamas toujours plus radical, mais aussi d’une rĆ©volte perpĆ©tuelle contre l’occupation israĆ©lienne. Sa mort pourrait bien renforcer le sentiment d’injustice dans la rue palestinienne. Soyons honnĆŖtes, en politique, rien ne vaut un martyr pour alimenter la haine et la violence. Les rues de Gaza, dĆ©jĆ dĆ©vastĆ©es, risquent de se gorger de nouvelles vagues de colĆØre, et ce sang versĆ© ne sera jamais sĆ©chĆ© par de simples pourparlers Ć la table des nĆ©gociations.
Quand on pense que certains osent encore parler de paix, Ƨa frĆ“le lāabsurde. Chaque disparition dans les hautes sphĆØres du Hamas ne fait que renforcer la radicalisation, comme si ces leaders devenaient des hĆ©ros dans une Ć©popĆ©e macabre. Ć croire que les politiques aiment jouer avec des allumettes au-dessus dāun baril de poudre.
lāoccident, ce spectateur hypocrite
Pendant ce temps, l’Occident reste lĆ , bras croisĆ©s, jetant quelques regards inquiets mais dĆ©tachĆ©s vers cette rĆ©gion en Ć©bullition. Bien sĆ»r, on envoie quelques communiquĆ©s pour la forme, on se dit prĆ©occupĆ©s par la montĆ©e des tensions. Mais soyons rĆ©alistes : tant quāil y a du pĆ©trole dans le coin et des intĆ©rĆŖts Ć©conomiques Ć dĆ©fendre, la paix peut attendre.
Et que dire des Ćtats-Unis ? Le pays de la libertĆ© est bien plus occupĆ© Ć choisir son prochain prĆ©sident quāĆ rĆ©ellement sāimmiscer dans ce merdier. Ils savent quāintervenir, cāest comme essayer dāĆ©teindre un incendie avec de lāessence. Ce n’est pas demain que Joe Biden ou un autre aura la patience (ou le courage ?) de s’attaquer au dossier Ć©pineux du Proche-Orient. Leurs prioritĆ©s sont ailleurs, et Ć vrai dire, qui pourrait leur en vouloir ? C’est loin, et tant que Ƨa reste loin, on peut dĆ©tourner les yeux.
et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
La vraie question, celle que tout le monde redoute mais qui est sur toutes les lĆØvres, cāest : que va faire Benyamin Netanyahou ? Il nāest pas du genre Ć laisser passer une occasion de frapper fort, et avec Sinwar hors-jeu, la tentation de muscler la rĆ©pression est trop grande. Ne soyons pas dupes : cette mort va ĆŖtre utilisĆ©e comme un prĆ©texte en or pour justifier de nouvelles vagues de violence. Plus de raids, plus de frappes, et plus de morts. Le cycle sans fin.
D’un cĆ“tĆ©, Netanyahou renforce son contrĆ“le sur IsraĆ«l, et de l’autre, le Hamas trouvera bien un nouveau leader prĆŖt Ć embraser Gaza encore plus fort. Et au milieu de tout Ƨa, comme toujours, ce sont les civils qui payent le prix fort.
la vraie question : Ć quand l’arrĆŖt des frais ?
Tout cela donne Ć rĆ©flĆ©chir sur la futilitĆ© des solutions militaires. Ce jeu de massacre n’aura pas de gagnants, seulement des perdants. Peut-ĆŖtre que, dans 20 ans, on en sera au mĆŖme point, Ć dĆ©battre du prochain chef du Hamas mort, des prochaines frappes israĆ©liennes, des civils coincĆ©s entre deux feux.
Le seul truc certain dans tout Ƨa, c’est que la haine ne mourra pas avec Yahya Sinwar. Non, elle va se rĆ©gĆ©nĆ©rer, nourrie par la douleur, la frustration, et les larmes. Un cercle vicieux, bien ancrĆ© dans une rĆ©gion oĆ¹ lāhistoire semble Ć©crite dans le sang.
Si vous attendiez une fin heureuse, dĆ©solĆ© de vous dĆ©cevoir. Mais au fond, vous le saviez dĆ©jĆ .