Un pays où le football est religion, mais où les dieux tombent en disgrâce
Le Brésil n’est pas seulement un pays qui aime le football. Le football est au Brésil ce que le thé est aux Anglais ou le vin aux Français : une part essentielle de son identité. Quand l’équipe perd, c’est toute une nation qui souffre, qui doute, qui crie à la trahison. Et là, ça fait mal. Parce que perdre contre le Paraguay, ce n’est pas seulement une défaite, c’est un aveu de faiblesse, un effondrement de tout un système. Les Brésiliens ne voient plus la Seleção comme l’incarnation du beau jeu, du « Joga Bonito » qu’on a aimé et envié. Ils voient une équipe sans âme, sans idées, et sans flamme.
Cette défaite, c’est comme si Pelé et Zico avaient été réincarnés en mauvais acteurs de série B. C’est moche, c’est triste, et ça mérite des huées. À une époque où les stades brésiliens se remplissaient d’espoir et d’excitation, aujourd’hui, on y entend surtout le bruit du désenchantement. Il n’y a qu’à voir les réseaux sociaux : c’est une déferlante de critiques, de memes désabusés, et de débats enflammés sur le retour du « futebol » d’antan.
Des tactiques en miettes et des joueurs perdus
Le match contre le Paraguay n’était pas juste une défaite, c’était une débâcle. Le Brésil a eu l’air d’un troupeau de poules sans tête, courant partout sauf là où il fallait. Les tactiques de l’entraîneur ont semblé aussi démodées que de vouloir ramener le fax au bureau. Les choix de joueurs ? Discutables, pour ne pas dire risibles. Et si vous avez encore un peu de foi en l’avenir du football brésilien, bravo, vous avez probablement aussi foi en l’humanité après avoir vu le dernier débat politique.
Neymar, la star censée porter l’équipe, est apparu comme une version sous-cafouillage de lui-même. Il semble plus préoccupé par son prochain tatouage ou la prochaine fois qu’il pourra se rouler par terre en simulant une faute que par la construction d’un jeu digne de ce nom. Et les autres ? Des fantômes. Des ombres de joueurs qui n’osent plus tenter, qui n’osent plus créer. On dirait presque qu’ils jouent avec des pieds en plomb. Et pendant ce temps, le Paraguay, qu’on sous-estime toujours un peu, en a profité pour briller. Parce qu’on ne vous le dira jamais assez : il n’y a pas de petite équipe, seulement de grands perdants.
Le Brésil doit-il revoir ses ambitions ?
Alors, est-ce que le Brésil doit arrêter de rêver de Coupe du Monde et commencer à viser un peu plus bas, histoire de ne pas trop souffrir de l’humiliation ? Peut-être que oui, peut-être que non. Ce qu’on sait, c’est que les supporters en ont ras le bol de ces échecs à répétition. Ils veulent du changement, ils veulent du sang neuf, ils veulent une révolution footballistique. Mais avec des dirigeants plus occupés à jouer aux petits chefaillons qu’à réellement réformer le système, on peut se demander si ce n’est pas une cause perdue d’avance.
Le Brésil pourrait se réinventer, c’est vrai. Mais est-ce que ce n’est pas aussi le moment de reconnaître que le football n’est plus cette obsession nationale qui unit toute la population ? Est-ce qu’il ne serait pas temps de se concentrer sur autre chose, de diversifier ses passions ? Peut-être que ce n’est pas le football brésilien qui est mort, mais simplement une époque révolue où tout le monde y croyait encore.
Et si on osait changer de match ?
Le Brésil doit se poser la vraie question : continue-t-on de miser sur un rêve en ruine ou accepte-t-on de tout reconstruire sur de nouvelles bases ? Une question qui dépasse le cadre du sport et qui touche à l’identité même d’un pays. Parce qu’à force de perdre, on finit par oublier ce que ça fait de gagner, et c’est là que tout devient vraiment inquiétant. Il est peut-être temps que le Brésil réécrive son scénario, quitte à tout chambouler. Parce que si on continue sur cette route, même les dieux du football risquent de ne plus vouloir mettre les pieds sur le terrain.