Le triomphe de Teahupo’o et la montée en puissance
Après avoir littéralement écrasé la vague mythique de Teahupo’o, Kauli Vaast a prouvé qu’il n’était pas là pour faire de la figuration. Son sacre aux JO de Paris 2024 n’est qu’un début d’histoire, une mise en bouche pour la suite de son aventure. Entre des séjours en France métropolitaine et au Brésil, ce jeune champion a su capitaliser sur son succès pour retourner à ses racines à Tahiti, où il a remporté la troisième étape du Tahiti Open Tour. Cette victoire locale, loin d’être anodine, souligne son attachement à l’île et sa capacité à dompter des conditions imprévisibles, tout en affichant une détermination sans faille.
Des compétitions de légende à Hawaï
Le parcours de Kauli ne s’arrête pas à Tahiti. Direction Hawaï, où il a foulé le sol sacré de Pipeline lors du Vans Pipe Master 2024. Même si une 5e place ne fait pas de lui le roi incontesté des vagues hawaïennes, c’est une performance qui mérite le respect dans un environnement où seule l’excellence compte. Peu après, il s’est retrouvé au Eddie Aikau Big Wave Invitational, l’événement ultime pour les amateurs de grosses vagues. Là-bas, il a eu le privilège de surfer aux côtés de ses idoles et de ses amis, un moment qu’il a célébré sur Instagram en soulignant avec fierté l’honneur de représenter Tahiti. Ces compétitions ne sont pas de simples épreuves sportives, elles sont de véritables manifestations culturelles mêlant passion et tradition.
Un passage mouvementé sur le championship tour
En début d’année, Kauli Vaast s’est retrouvé à Abu Dhabi pour la deuxième étape du Championship Tour 2025 de la World Surf League. Cet événement historique a vu le Brésilien Italo Ferreira, premier champion olympique de surf, se hisser au sommet. Pour Kauli, cette expérience fut un coup dur : malgré ses efforts, il est resté coincé dans les repêchages et a terminé 12e. Certes, il n’a pas atteint les quarts de finale, mais il a montré de quoi il était capable en se mesurant aux meilleurs surfeurs du monde, dont le Français Marco Mignot, l’unique représentant hexagonal cette saison. Même dans l’adversité, il reste un symbole de résilience et de passion brute pour le surf.
L’ambition de reconquête et la conquête de l’avenir
Aujourd’hui, Kauli Vaast se lance dans la Challenger Series, une sorte de deuxième division du surf mondial, qui débutera en Australie dès le mois de juin. Ce passage, loin d’être une dégringolade, est une stratégie calculée pour accumuler les points nécessaires à sa qualification sur le Championship Tour. Première médaille olympique pour la Polynésie, il entend bien ne pas s’arrêter en si bon chemin. Pour lui, l’objectif est clair : prouver qu’il est le futur du surf mondial et qu’il est prêt à braver toutes les tempêtes pour atteindre le sommet. Son parcours, truffé d’audace, de ténacité et d’un brin d’insouciance, reflète parfaitement l’esprit d’un surfeur qui refuse de se plier aux normes établies.
À mon avis, Kauli Vaast incarne la quintessence de ce que le surf moderne peut offrir : une fusion entre tradition et innovation, un défi constant aux conventions. Chaque compétition, chaque vague domptée, est une leçon sur la persévérance et sur l’importance de suivre sa propre voie, même parsemée d’obstacles. Si vous avez l’occasion d’assister à l’un de ses exploits, n’hésitez pas une seconde : c’est bien plus qu’un sport, c’est une révolution liquide en marche.